Le pingouin
citoyen du mercredi matin.
Numéro
47 - 10 avril 2002
Aider, oui, mais qui, comment
et pour quoi?
Tout comme Roxane et Colette, Victor se demande
pourquoi les pays riches n'aident pas plus les pays pauvres.
Cela fait plus de 30 ans que l'on a pris
conscience qu'il fallait aider les pays pauvres, et que de nombreux programmes
ont été lancés. Mais leurs résultats sont loin
d'être satisfaisants.
Ainsi les dirigeants des pays pauvres ont
tendance à plus profiter de l'aide que le reste de la population.
Et les pays riches se débrouillent souvent pour que leurs gestes
généreux arrangent aussi leurs propres affaires.
«Comment ça ?»
demande Victor.
En échange de dons d'argent, des
pays pauvres acceptent que des industriels exploitent leurs ressources
naturelles, comme le bois ou le pétrole. Dictateurs et hommes d’affaires
peuvent alors très bien s'entendre pour se servir du travail des
habitants à leur guise, sans vraiment les aider à sortir
de la pauvreté.
D'autre part, pour obtenir des aides, les
pays peuvent aussi s'engager à rembourser progressivement l'argent
qu'on leur prête. Mais parce que les calculs sont trop naïfs
ou trop optimistes, les pays pauvres ont souvent du mal à respecter
le contrat, et se retrouvent endettés. Les habitants travaillent
alors, non plus pour leur développement, mais pour payer des amendes
aux pays riches.
«Si cela donne de tels résultats,
avant de chercher à aider plus les populations pauvres, il faudrait
déjà essayer d'aider mieux!» remarque
Victor.
Effectivement, le 22 mars dernier, lors
du sommet de Monterrey, ce constat a été fait par tous les
chefs d'Etats. Malgré certains désaccords, ils se sont entendus
pour faire de nouveaux efforts. Il faudra toutefois attendre la conférence
consacrée au développement durable, en septembre prochain
à Johannesburg, pour voir comment ils vont s'y prendre.
Les discussions risquent d'être longues.
Nous verrons dans un prochain numéro qu'il existe différents
points de vue sur la façon de se développer. Et donc différentes
manières d'aider.
Pour les grands qui veulent
en savoir plus sur le problème de l'endettement: Comité pour
l'Annulation de la Dette du Tiers Monde (http://users.skynet.be/cadtm/)
Dans nos maisons, plusieurs petits robinets
nous permettent d'avoir l'eau essentielle à la vie. Ca serait bien
difficile de s'en passer. Pourtant aujourd'hui une grande partie de l'humanité
n'a pas accès directement à l'eau potable. C'est le cas d'un
village sur trois en Chine, et c'est un problème essentiel pour
le développement.
Il y a beaucoup de discours et de promesses
pour que chacun ait l'eau potable, Mais les travaux n'avancent pas aussi
vite. En attendant, peux-tu aider nos amis à ouvrir le bon robinet?

Solution du jeu numéro
46: il fallait retrouver le Japon (2-d), les Etats-Unis (3-f), la Tunisie
(1-c), le Royaume-Uni (7-e), l'Espagne (5-a), la Roumanie (4-b) et l'Allemagne
(6-g).
Le courrier de Victor.
Après le numéro 39, N’oublions
pas le Tibet, Louise nous a envoyé une nouvelle série
de questions: «Y a-t-il d’autres pays qui sont colonisés
comme le Tibet? Qui sont-ils et par qui ont-ils été colonisés?
Que pense la Chine de ce qu’elle fait au Tibet depuis 1950?»
Il y a eu beaucoup de pays ou de régions
du monde colonisés, parfois même à plusieurs reprises.
Certaines populations sont devenues ou redevenues indépendantes,
d'autres ont été absorbées ou ont été
plus ou moins exterminées par le colonisateur.
Ainsi, lors de l'invasion de l'Australie
par l'Angleterre à la fin du XVIIIème siècle, les
Aborigènes furent chassés, tués, et presque exterminés.
Aujourd'hui encore, les Aborigènes sont méprisés par
la majorité des descendants des colonisateurs.
Très souvent, le colonisateur est
convaincu que sa civilisation, sa culture, sont supérieures à
celles qui existaient avant son arrivée. Ainsi, la Chine déclare
avoir transformé la majorité des Tibétains d'esclaves
en hommes libres grâce à des réformes démocratiques.
Elle pense avoir permis au Tibet de se développer économiquement
et d'améliorer grandement la vie de ses habitants.
Merci à Roxane,
Colette et Louise pour leurs questions. Si tu veux poser une question,
donner ton avis sur un article ou sur l'actualité, ou encore envoyer
un dessin, n'hésite pas à écrire à Victor en
cliquant sur son nom. Pour lire, relire ou imprimer les anciens numéros,
tu peux te rendre dans le kiosque à archives, sur le site www.recre-action.net.
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A bientôt.