Le
pingouin citoyen du mercredi matin
Numéro
70 - 27 novembre 2002
Suisse Schweiz
Svizzera Svizra
«J’ai
parfois du mal à comprendre ce que dit ma copine Noémie,
la vache, parce qu’elle parle suisse!»
Il n’y a pas une langue suisse, Victor. Noémie
habite en Romandie, la partie francophone de la Suisse. Elle parle le même
français que toi, mis à part son accent et quelques expressions.
Par exemple, si Noémie trébuche, elle dit qu’elle «s’encouble»!
«Tous les Suisses ne parlent pas
français?»
La
Suisse compte quatre langues nationales : le français en Romandie,
un dialecte proche de l’allemand en Suisse alémanique, l’italien
au Tessin et le romanche au fin fond de la Suisse orientale.
«Tout ça pour un seul pays!
Mais comment ça fonctionne?»
La Suisse est organisée en 23 cantons.
L’administration de chaque canton s’occupe de beaucoup de choses. Par exemple,
chaque canton organise ses écoles comme il le souhaite. Pour les
domaines communs aux différents cantons, comme la monnaie, les documents
sont écrits dans les trois langues officielles (français,
allemand et italien).
«Et, entre eux, les Suisses parlent
l’Espéranto?»
Non, Victor, ni Espéranto, ni Europanto!
Ils apprennent au moins une autre langue officielle à l’école.
Ainsi, il arrive que lorsqu’un Alémanique et un Romand travaillent
ensemble, chacun utilise sa propre langue. Mais tu sais, la différence
de langues crée souvent des barrières entre les gens. En
effet, la façon dont nous vivons et notre culture sont très
liées à notre langue. En Suisse, on appelle cette barrière
le «Röstigraben», c’est-à-dire le «fossé
du Rösti» (le Rösti est un plat de pommes de terre alémanique).
«Mais ce fossé serait moins
grand si chacun s’intéressait un peu plus à son voisin?»
Tout à fait, Victor, apprendre une
autre langue, c’est goûter d’autres bonnes choses à manger.
Mais c’est aussi et surtout s’ouvrir à d’autres habitudes de vie
et découvrir d’autres manières de penser.
* Tu peux lire ou relire
l'article de Madeleine: Que
vivent les langues! - n°46 - avril 2002
** l’Europanto est une sorte
de mélange des langues européennes. Une même phrase
est constituée de mots empruntés à différentes
langues. La forme de l’Europanto utilisée peut être plutôt
latine ou germanique.
Déchiffre ce rébus pour retrouver
une expression bien connue qui va comme un gant à Victor...

Solution du jeu n°69
: la vache, le cheval et le chat n'ont rien à craindre, puisqu'il
est interdit de les chasser. Par contre, le faisan, le renard et le sanglier,
qui sont des animaux sauvages, doivent vite s'enfuir!
Le courrier de Victor
Isabelle se demande pourquoi chaque pays
a une autre langue et pourquoi les langues mortes sont mortes.
«Pour la première partie
de la question, elle peut lire ton article auquel Delphine fait référence,
mais pour l’autre, Madeleine, peux-tu lui répondre?»
En fait le grec et le latin, qui sont les
langues mortes que je connais, n’ont pas vraiment disparu. Elles revivent
à travers le grec moderne, l’italien, le français, le roumain
et l’espagnol. En France, par exemple, Le latin est devenu le latin populaire,
puis l’ancien français ou langue romane pour évoluer jusqu'au
français moderne. Sa transformation est devenue officielle en 1537.
Ainsi les langues vivent et évoluent comme l’humanité. On
parle d’ailleurs de grec ou de latin classiques ou de langues anciennes
plutôt que de langues mortes.
Mais je sais aussi que des langues peuvent
mourir, ce sont des langues minoritaires ou régionales. Je connais
des Bretons qui luttent pour que leur langue ne meure pas. Leurs enfants,
à l’école, peuvent apprendre le breton en plus du français
et de l’anglais et ils le parlent avec leurs grands-parents.
Merci à Isabelle
pour sa question. Si, toi aussi, tu as une question à poser à
Victor, clique sur son nom. Pour lire, relire ou imprimer les anciens numéros,
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