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Le pingouin citoyen du mercredi matin
Numéro 124 - 31 mars 2004
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Les Khmers rouges
"Brice aimerait savoir l’histoire des Khmers rouges. Vanessa, sais-tu de quoi il s’agit ?"
"Khmer" désigne à la fois les habitants et la langue du Cambodge. En 1975, les Américains en guerre contre le Vietnam bombardent aussi le Cambodge, qui est voisin. Le pays est dans une situation politique* difficile.
Les Khmers rouges sont les khmers communistes, mais ils se cachent derrière le nom d’Angkar qui veut dire l’organisation en khmer. Ils profitent de la guerre au Cambodge pour faire la révolution. Le 17 avril 1975, menés par leur chef, Pol Pot, ils entrent dans la capitale cambodgienne, Phnom Penh, et prennent le pouvoir. Ils disent que le peuple khmer vivra heureux et libre, en travaillant à la campagne sous les ordres de l’Angkar. C’est tout le contraire qui va arriver.
Du jour au lendemain, ils mettent en place une économie communiste basée sur l’agriculture. Tout est collectivisé. Cela veut dire rendu la propriété de tous, mais en fait c’est l’Angkar qui s’empare de tout : les maisons, les usines, les champs... Même les enfants appartiennent à l’Angkar. Ils vident les villes des intellectuels qu’ils trouvent inutiles : vieillards, hommes, femmes, enfants sont emmenés de force pour cultiver la terre. Ils suppriment la monnaie, interdisent la religion. Les écoles, les hôpitaux ne fonctionnent plus. Le peu de riz produit dans le pays est échangé contre des armes. La famine survient. Des milliers de gens meurent de faim ou de maladie.
L’Angkar dirige la vie des gens. Tout le monde doit s’habiller en noir, la couleur de la révolution. Pour se faire obéir, les Khmers rouges séparent les familles : les gens qui ne se connaissent pas sont moins solidaires. L’Angkar surveille tout. Elle arrête des milliers de gens sans raison, les torture. Elle les force à avouer des choses qu’ils ne comprennent pas, à dénoncer des gens. Puis elle les exécute.
La terreur règne dans le pays.
"Mais cela s’est arrêté un jour ?" demande Victor.
Oui, je t’expliquerai cela la semaine prochaine.
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Vanessa
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* à propos de la politique, tu peux relire Politique et tac dans le numéro 122
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"C’est un bien triste moment de l’histoire que tu m’as décrit là Vanessa" ajoute Victor. "Dis-donc Broc, est-ce que tu arrives à penser à un jeu avec tout ça ?"
Pas vraiment Victor. L’histoire du monde est dure. Je pense surtout aux victimes qui ont été très nombreuses. Impossible d’avoir une pensée pour chacune d’elles, mais il ne faut pas les oublier. En se souvenant du passé, on peut éviter de refaire des bêtises dans l’avenir.
J’ai commencé à mettre un point sur ma feuille, pour symboliser quelqu’un qui a disparu. Puis j’ai mis d’autres points, et encore d’autres. Il y en a beaucoup, mais pas assez. C’est ma façon à moi de me souvenir.

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Broc
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Solution du jeu numéro 123 : voici les expressions sur l’amitié qu’il fallait trouver, un ami remonte le moral, l’amitié peut soulever des montagnes, on peut compter sur un ami, un ami sait donner un coup de pouce.
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Le courrier de Victor
« Pourquoi trois minutes, m’a demandé Clément à propos de l’hommage rendu aux victimes des attentats de Madrid », dit Victor.
C’est un peu comme pour les attentats du 11 septembre 2001. Sans doute que le président de la République, qui a demandé cet hommage, a pensé que la gravité des événements méritait plus d’une minute.
« Et pourquoi ne fait-on pas de minutes de silence pour toutes les victimes d’attentats et de guerres dans le monde ? », demande Colette.
C’est vrai que toutes les victimes mériteraient qu’on pense à elles. Seulement, la décision de rendre hommage dans toute la France obéit aussi à d’autres raisons, celles des relations entre les pays, et des messages que ceux-ci veulent envoyer au monde entier : la France veut montrer qu’elle est amie de l’Espagne, et qu’elle est absolument contre les attentats.
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Victor, Franck et Ady
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merci à Brice et à Clément de l’école Léon Grimault à Rennes, pour leur question.
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Illustrations et maquette : Broc
Version imprimable : Vanessa
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A bientôt !
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